Mood

MA VIE SANS INTERNET : UNE VIE D’ERRANCE ET DE MISERE.

Je ne vais pas vous faire perdre votre temps, à vous expliquer le pourquoi du comment cela est arrivé, et les raisons pour lesquelles cela dure. Mais j’ai besoin de vous parler d’un drame, que je suis en train de vivre actuellement : je n’ai plus Internet à mon domicile. Sachant que mon portable est en fin de vie, je ne peux pas me rabattre de façon durable sur la connexion que j’ai sur mon téléphone. Il me permet juste de prendre une dose rapide de temps en temps : je peux lâcher quelques likes sur Instagram et Facebook, puis retourner dans ma galère.  Donc, c’est vrai que mon titre est un gros mytho car je ne vis pas totalement sans le web. J’assume, parce que pour moi, c’est la MERDE.

Non, mon téléphone ne pourra jamais me faire vibrer comme ça…

Pour tenter de calmer l’état de nervosité intense dans lequel cela me met, j’écris donc cet article. C’est aussi pour me forcer à dédramatiser la situation. Après tout, y’a largement pire dans la vie, et c’est complètement indécent de chialer, parce que notre accès à Internet est dead. Mais, je sais que vous allez me comprendre quand même, car nous sommes nombreux à être accros à des trucs qui ne sont pas si indispensables que ça. Ce qui nous ramène à ce que nous sommes : des petits cons pourris gâtés par la vie (même si on a l’impression du contraire, à l’échelle du monde, c’est ce que nous sommes). Dans ces moments précis, je sais que je suis superficielle et je n’arrive pas à m’empêcher de l’être. Aucune volonté, aucune crédibilité. Un peu comme lorsque j’achète un gadget fabriqué par des mômes en Chine, alors que quelques heures avant, je refaisais le monde avec une pote, en crachant sur les injustices de notre monde capitaliste.

En plus, étant donné que je viens de créer mon blog, cela me donnait une excuse pour me plaindre et  crier que cela me faisait perdre mon temps. En effet, le jour de ma coupure, je voulais me poser tranquillement chez moi pour écrire des articles. Alors que bon, y’a pas le feu au lac, c’est pas comme si c’était mon gagne-pain. En plus, je pense que les 10 lecteurs qui prennent la peine de me lire tous les jours, vivront très bien sans mes publications pendant quelques temps. Mais, comme j’avais tout de même envie de noter des choses aujourd’hui, j’ai ouvert Word (vu que je ne peux pas accéder à mes articles en brouillon sur mon blog sans Internet) pour vous retranscrire mon expérience, façon journal intime. Le journal de l’enfer les gars…

Une dépressive qui écrit un journal…
  • DAY 1 : les instants suivants la coupure, on est en début d’après-midi.

Putain, j’allais commencer à rédiger mon billet sur les rituels wiccans, après avoir fini de lire un article sur la star des SDF, Mallory Nataf (article vraiment essentiel à lire sérieux). Et là, comme un signe du destin, ma connexion plante. Comme une bolosse en détresse, je me tourne vers ma livebox et je vois un bouton rouge qui clignote. En bonne handicapée de la technologie, je tente la seule chose qui soit dans mes capacités : éteindre et rallumer cette merde. Comme la chance ne me sourit pas, je le fais à plusieurs reprises. Mais il faut que je me rende à l’évidence. Je vais devoir appeler mon opérateur. La solution du désespoir. Car je sais que cela va durer trois plombes, pour finalement m’annoncer que je vais rester dans ma merde. C’est ce qui s’est passé. Dans un premier temps, j’étais au bord du suicide (mon Dieu, je n’ai jamais de chance, ça m’arrive toujours à moi…blablabla). Puis, mon cerveau s’est adapté à cette situation, pour me faire envisager sous un nouvel angle, cette grande épreuve que la vie m’a envoyée.

Tout d’un coup, tout s’éclaire…
  • DAY 1 : une heure après la coupure.

Je me suis dit, que c’était le moment de me lancer dans des trucs que je DEVAIS faire, mais que j’avais la flemme de faire. Donc, dans les heures qui ont suivi, j’ai pu :

– faire mon ménage, mais le faire pour de vrai (du style pousser les meubles, et aspirer les moutons de poussières qui se cachent derrière depuis des lustres, déboucher mon évier rempli de cheveux…),

-m’épiler à fond (je suis une vraie brune, alors y’a du boulot),

trier mes factures (truc que je n’avais pas fait depuis des mois, je vous laisse imaginer la montagne qui m’attendait).

Cela m’a fait me sentir mieux. J’ai été productive ( qualité ultime de ce siècle) et je n’ai pas profité de la situation pour procrastiner comme une merde. Cela ne m’a pas empêchée de jeter des regards pleins d’espoirs vers ma livebox, pour voir si ma connexion était rétablie : toujours rien, aucun signe de vie.

  • DAY 1 : trois heures après la coupure.

Je me dis que j’ai quand même envie d’écrire. Et là, je commence à faire un truc, que je n’aurai jamais pensé réaliser il y a quelques temps : je raconte ma vieille vie. Même ado, je n’ai jamais eu de journal intime (en fait si, j’ai essayé, histoire de faire comme tout le monde, mais cela n’a duré que le temps de quelques lignes, ça me soûlait). J’écris plusieurs articles, quasiment d’une traite, sur des sujets que je ne pensais pas du tout aborder. Bien sûr, il va falloir que je les corrige et que je remette de l’ordre dans tout ce merdier. Peut-être que je vais les effacer, et ne jamais les publier. Mais, j’ai vraiment découvert le pouvoir cathartique de l’écriture.

C’est un peu neuneu de dire ça, mais je trouve qu’écrire est un défouloir encore plus agréable, lorsqu’on aborde des sujets un peu plus personnels (bon, je sais qu’une coupure Internet n’est pas ce qu’il y a de plus intime, mais pour moi, c’est déjà pas mal). Toute ma vie, je me suis moquée de ce qui était trop « introspectif ». J’étais le genre de personne qui lynchait ceux qui écrivaient des poèmes ou des textes sur ce qu’ils ressentaient (que les auteurs soient des amis ou d’illustres inconnus). Même si, j’adore écrire sur des bouquins ou des « pseudo enquêtes » que j’ai faites, peut-être que mon site va un peu élargir ses thématiques. Il sera certainement, un petit peu plus qu’un blog d’investigation sur les phénomènes étranges. Quoique, après tout, être en détox d’Internet, c’est un sujet qui mérite une enquête ( même si c’est un sevrage un peu en carton, je vous l’avoue). Il n’y a pas que l’insolite qui mérite mon attention.

C’est beau…
  • DAY 1 : 6 heures après la coupure.

Je me décide enfin à me laver et à me défaire de mon pyjama dégueulasse, dans lequel j’avais prévu de passer la journée. Je suis motivée à sortir dehors, pour faire quelques courses : je dois surtout acheter de l’eau. J’aime pas l’eau du robinet. J’ai une vie de folie, sans déconner.

Une mongolito en pyjama…
  • DAY 1 : première soirée.

Ma première soirée sans Internet commence. Plutôt que de fuir et d’aller me réfugier chez quelqu’un, en emmenant innocemment mon PC sous le bras, je décide d’affronter la bête. Je retrouve des vieux sons que je n’avais pas écoutés depuis un moment.

Je suis une racaille de Shanghai. J’ai l’impression de revivre la sensation que j’ai connue, lors de la tempête de 1999. À cette époque, je m’étais remise à écouter une vieille radio toute pourrie, au lieu de regarder la télé, coupure d’électricité de plusieurs semaines oblige (je ne suis pas marseillaise, je vous jure, j’exagère à peine).

  • DAY 1 : bientôt minuit, l’heure du crime.

J’ai quand même fini d’écrire un article sur Halloween. Je sais, aucune originalité, mais que voulez-vous, je suis faaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiibbbbbbbbbbbbbbbllllllllllllllllllleeeeeeeeeeeee !!!!!!!!!! C’est con, mais personne ne pourra le lire avant une durée indéterminée. Sans Internet, aucune diffusion possible. J’ai essayé par la force de mon esprit, mais aucun résultat. La vie, ça craint. Pendant cette journée, je suis allée glander quelques minutes sur Instagram, avec mon vieux portable, mais cela ne me suffit pas, vous vous en doutez. Je me couche avec l’espoir de retrouver ma connexion rétablie demain matin comme par magie. Quelle gueuse je suis !

  • DAY 2 : le bout du tunnel.

Je me lève et je me rends compte que le miracle n’a pas eu lieu. Tant pis, de toute façon, je suis overbookée aujourd’hui, car je dois préparer ma valise. En effet, je me casse à Londres pour une semaine. Et le sourire me revient, car vous savez pourquoi? Je vais être hébergée par un ami, qui lui, a Internet ( à défaut d’avoir une serviette de bain propre). Mon calvaire va enfin cesser. Peut être que je donnerai une suite à cette article, quand je rentrerai chez moi. Ou peut être que non, car je trouverai sûrement un moyen d’avoir une connexion d’une façon ou d’une autre ( en achetant une clef 3G par exemple). C’est fou comme on se bouge la rondelle dans ces moments là! C’est ici que je vous quitte. Et vous savez quoi? Passer du temps sans Internet, ne m’a même pas bouché le trou de balle.

Bisous!

 

 

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